Sur la toile de l'absurde
L’amour est fait du désir de comprendre et bientôt, à force d’échecs répétés, ce désir meurt, et l’amour meurt aussi, à moins qu’il ne devienne cette affection pénible, cette fidélité, cette pitié..
Graham Greene
Dans un battement d’eLLe
Le ciel s’effiloche, crève son abcès
La pluie commence à strier l’air
Infiltrant chaque repli de la terre
Qui se gonfle en une respiration
Et dégouline en flaques grises
La lumière s’égare, et se découd
Sur le canevas des possibles
Sur dans la toile de l’ absurde
Un cœur déchiré battant des ailes
Se prend à rêver d’envol énamouré
Mais les gouttes de pluie s’accrochent
Engluant ses plumes en errance
Danses sensuelles de l’eau
Qui transperce ce corps en abandon
De silences devenus vacarmes
Le cœur palpite encore un peu
S’agite en brusques soubresauts
Un silex en pointe dans le flanc
Il se meurt dans la tristesse d’un caniveau
Empreinte d’amants voulant l’éternité
Les effluves se répandent sur le pavé
Traîtresse la pluie lave son espoir
Infiltrant ce cœur d’amours torturés
Une pluie fine et lancinante
Et si dense dans son silence
Infiltre son ornière jusqu’à en diluer
Toutes certitudes qui résisteraient
Passager amnésique de la rue
Dans ce caniveau baigné de pleurs
La pénombre complice estompe sa douleur
Comme un cœur en hiver
Il se meurt dans un dernier battement d’eLLe
MicheLLe
Le vent de l'oubli...
Epargne-toi du moins le tourment de la haine
A défaut du pardon, laisse venir l’oubli
Alfred de Musset
Amnésie...
Le temps est décompté
Le sablier s’écoule impassible
Sans espoir d’un ailleurs Et s’éteint dans les poussières
D’une lune pâle.
Les étoiles se font filantes
Sous ce crépuscule
Qui lentement ondule
Déroulant sa noire silhouette.
Confidence dans à la nuit
Dont le souffle invisible creuse le sillon
De la terre à l’outre-tombe
Le vent de l’oubli se lève
Tournant les pages
Dont les mots s’arrachent
Devenant poussières
Effaçant les empreintes du chemin
Un écho emporte la voix
Césure intense qui déchire
La nue vie…
Amnésie…
Le sommeil vient dans ce fracas
Inconscience…
Les mots s’effacent machiavéliques
Comme écrits à l’encre sympathique
Messages cryptés, impossible à décoder
Le décor s’effrite et s’effondre
Gouffre qui transperce la pénombre
Oubli… amnésie
Les nuits de froidure annoncent
Un temps en instance
En absence, sans embrasement
Sans nuance
Un temps d’abstinence
De décomposition, de moisissure
Brume évaporée, illusion
Où le temps se vide de l’essentiel
Où les mots cherchent un dernier souffle
Dans un air raréfié
La corde du silence se tend
A se rompre
L’eau des mots se tarit
Le silence se nourrit de lui-même
Et se décompose
Voyage vers l’obscur
Goutte-à-goutte anesthésiant
Entre oubli et silence
Distance et indifférence
Torture et arrogance
Abandon et oubli
Amnésie
Au bord des larmes se cachent mes souvenirs
Souvent, le cœur se fatigue de voir que jamais vie et rêve ne concordent.
Nils Collet Vogt
.
Comme un vaisseau fantôme, elle a surgi
Dans cette tempête, je chavire… Tout devient irréel
Je laisse échapper mes rêves, l’instant vacille
Ce cri lancé me revient comme un écho du passé.
Je tremble et ce n’est pas de froid…
Je me réveille dans le souffle de mes mots songes.
Tout devient flou, esquisse d’un souvenir
Gommé du regard, effacé du cœur.
Devant cette porte je ravale mes mots
Plus que je ne les crie, ils résonnent au fond de moi
Au bord des larmes se cachent mes souvenirs
Des silences devenus vacarmes, sonnent à mon cœur qui se glace
Un cri lancé aux étoiles pour qu'elles brillent encore
Un arbre isolé dans la ville, un banc perdu où déposer mes larmes,
C'est un ciel gris d'orage, quelques cailloux au bord d'un lac,
Un rose baiser sur les jours, si la vie pouvait être sucrée,
C'est une porte au loquet rouillé où l'on ne frappe plus,
Une ville, des ruelles vides où le silence a fait sa place,
Quelques griffures laissées au creux, là pour mieux pardonner...
C'est cet amour à fleur de peau et jamais renié,
Le mien est devant cette porte
Où est la ville…. quel est son nom... ??
Tout est flou….
Et les arbres sur la place pleurent des feuilles
L'amitié... c'est...ou la rose fugueuse
La grande différence entre l’amour et l”amitié, c’est qu’il ne peut y avoir d’amitié sans réciprocité
Michel Tournier
-Ouf… quel voyage…Je viens d’un autre monde… je me suis évadée cette nuit... Ce soir mon Petit prince a oublié de mettre le globe de verre…j’ai entendu les grelots du mouton.... J’ai eu si peur qu’il me dévore…ce n’est pas avec mes quatre épines que je pouvais me défendre... mais le vent s’est levé... je me suis concentrée sur une étoile et je me suis envolée… Les jours ont passés... ...voyons… défroissons les plis de ma robe... secouons lentement mes feuilles…et...
Mais qui êtres vous ? Reculez... ou je vous griffe... !!
-Quelle arrogance… vous êtes chez moi !
-Ah… vous êtes si pale…seriez vous malade…. ? Je ne supporte pas les courants d’air vous savez…
--Dans cette serre vous ne craignez rien… mais ce n’est pas votre place… ici c’est la serre des orchida...
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-Des quoi...? ; Votre robe est si …. Et votre parfum si…. Et...
-Je suis une fleur exotique… et très rare… pour la reine des fleurs… vous me paraissez assez sotte derrière ces froufrous de soie rouge et ce parfum subtil... oui... vous êtes sotte...!
-Je ne vous permets pas… je suis une rOse !
-Oui une rOse… vous ne savez même pas quelle rOse vous êtes il y a des milliers de rOses...
-Puisque vous êtes si savantes… Quel est mon nom...? un nom de reine bien sûr !!!
-Vous êtes tout simplement …
-Comment tout simplement…
-Oh décidemment... en plus d’être sotte vous êtes prétentieuse !!
De toute façon quand Monsieur vous découvrira dans sa serre... je ne donne pas cher de vos précieux pétales…
-je… je ... suis désolée... pardonnez-moi… j’ai été si seule pendant des années ... mon Prince m’aimait…oui… de cela j’en suis sûre... mais je m’ennuyais à mourir...
-Vous n’allez pas pleurnicher… ??
-Je… on ne m’a rien appris... oui... je suis sotte... vous pouvez m’aider…apprenez-moi...ensuite je partirai…
-Et vous irez où…. Mademoiselle ?
-Je…
-Restez parmi nous… nous apprendrons à nous connaître et peut-être un jour... deviendrons-nous des amies
-Oh... oui des amies…
Mais qu’est-ce qu’une amie ?
-Une amie…c’est…
Est-ce-que la maman d’un œuf en chocolat …c’est une poule en chocolat…?
Bon week-end de Pâques à toutes et tous
Pour les gourmandes et gourmands
Le fil de l'invisible...
Voici que fuit, loin, on ne sait vers où une note : comme une conclusion… ”
Rainer Maria Rilke
Sur la grève déserte
Le fil de l’invisible se tisse dans les filets de brume
Comme un voile d’illusions
Les pins engourdis du froid de la nuit
Sous les baisers du vent s’enlacent
La lumière se pose dans le matin d’ardoise
Vapeurs éthérées dessinant des mirages
Les vagues engourdies secrètes et mystérieuses
Emportent dans les frissons d’écume
Les reflets dorés des étoiles qui s’endorment
Vertige du silence dans les plis de l’aube
Le vent s’est levé sur la dune
Et dans un souffle indécis
Ebouriffent les herbes sauvages
La houle ourle les vagues d’écume
Qui se déposent en caresses salées
Sur le sable doré qui frémit de plaisir
Les rêves s’envolent…point de suspension
Bousculant les interrogations
Déshabillant les parenthèses
En vagues de jouissance
D’un instant éphémère qui se veut éternel
MicheLLe
Les anges pleurent ce soir...
Pleure : les larmes sont les pétales du cœur
Paul Eluard
La fontaine de la place pleure dans la nuit
Des chevaux crachent leur écume
Que le vent emporte….
Des notes en gouttes de pluie
Et l’eau coule à travers les traces perdues
Des rêves à bout de souffle
Déchirure dans la toile des heures
Un rideau de larmes sur l’onde des mots
Et l’envol vers l’ombre dans ce royaume
Où demeure l’oubli …
En sceptre chimérique
La lumière chavire, se fragmente,
Se dissout, et ondule
Dans un kaléidoscope sans couleur
Le temps pleure ce soir
Sous mes paupières mi-closes
Un palankin de larmes
Torrent intarissable d’un cœur
Inondé d’une détresse silencieuse
Larmes… bulles fragiles
Qui éclatent et se brisent
Sur des rivages perdus
Parures de perles scintillant sous la lune
Eau des secrets…des ronds dans l’eau
Sur la fontaine de la place
Les chevaux crachent leur écume
Et les anges pleurent ce soir
Fragile...
Apprendre d’hier, vivre aujourd’hui, espérer pour demain.
Le plus important est de ne jamais cesser de s'interroger
Albert Einstein
Fragile
Dans les poussières du soleil
A l’ombre des songes
Le temps suspend sa course
Souffle silencieux d’une feuille
Qui froisse ses nervures
Sous les morsures du froid
Et s’envole comme un papillon
Silencieux dans un tourbillon
Point d’aile pour la
Dans sa robe de guipure
Le vent fou s’engouffre
Elle frissonne, s’abandonne
Inconsciente frivole
Et sur la dune s’échoue
Le givre se prend dans ses dentelles
Et dans un corset rigide l’enferme
Les oyats dans le silence murmurent
Une plainte… un requiem
A l’heure où la nuit expire
Le jour se lève… un autre jour
jour adagio
Fragile
Venise et vous....
.
Venise est une ville de passion: c’est une ville pour les lunes de miel ou pour les ruptures
Alfred Capus
Venise et vous
Mots troussés
Sous la crinoline
Des pages blanches.
Baisers volés
Sous le loup du carnaval
Venise libertine tu me grises ...
Caresses brûlantes
Délaçant un corset...
Du bal du crépuscule
Aux tarentelles de l'aube
Je suis à Vous.
Venise libertine tu me chavires ...
Ne retirez pas
Votre main
Instrument de volupté
De mon sein...
Tourment de vivre
Avoir conscience
De ce pouvoir...
Je suis votre putain,
Sous la morsure
De vos lèvres...
Brisez les chaînes
Qui retiennent
Mon souffle
Suspendu au votre.
Tourbillons de mes nuits
De feu
Déposséder
Du désir
D'exister
Venise libertine tu me hantes ...
Et j’entends encore
Venant de La Ca' Vendramin Calergi
Les derniers accords de Parsifal
Je me noie dans les reflets
De l’Aqua alta…
Le soleil se meurt
Dans la poussière
De fièvre de tes fêtes
De Burano à Murano
Je bois la passion
Qu'à ma bouche
Vous offrez
Je vous aime
Vous et Venise
La sérenissime
La sérenissime




























